Kyrnos Publications

Les PNA au service des espèces menacées

Édito

Édito du Hors Série Conservation Numéro 1 (Juillet 2026)

Hors Série Conservation Spécial Corse

Publié le 10 juin 2026

Je me réjouis que la revue Espèces consacre ce mois-ci un hors-série aux espèces faisant l’objet de PNA, autrement dit, de plans nationaux d’action, en Corse.

Les PNA sont des outils stratégiques et opérationnels, instaurés par la loi, conçus pour conserver et restaurer les espèces menacées – qu’elles soient en danger d’extinction, en déclin ou présentant un enjeu de coexistence avec les activités humaines. Ces plans sont complémentaires à la protection règlementaire dont ces espèces bénéficient, et qui consiste essentiellement à interdire qu’on y porte atteinte.

La politique des PNA est animée par la direction de l’Eau et de la Biodiversité du ministère de la Transition écologique. Depuis plus de 20 ans, plus de 80 plans ont été menés (76 sont aujourd’hui en vigueur), au bénéfice de plus de 470 espèces animales et végétales. Les PNA sont à l’origine de nombreux succès, comme le souligne un rapport récent du WWF portant sur 248 espèces protégées et ce même si les résultats qu’ils permettent d’atteindre sont variables selon le type d’espèces ciblées et les pressions qu’elles subissent. Pour prendre deux exemples en dehors de la Corse dont il sera question dans ce numéro, je citerais la loutre d’Europe, objet d’un PNA depuis 2010, qui a vu son aire de répartition augmenter de 22 % entre 2019 et 2024 ; et l’outarde canepetière, objet d’un PNA depuis 2011, dont la population est passée de 1 332 mâles chanteurs en 2000 à 2450 en 2020.

Chaque PNA repose sur une méthode rigoureuse : un état des lieux, un diagnostic, unestratégie partagée, et une liste d’actions concrètes, portées par des acteurs variés – souvent sur la base du volontariat – avec un accompagnement pour mobiliser les financements nécessaires.

Parmi ces acteurs, on peut citer les collectivités territoriales, les gestionnaires d’espaces naturels, les associations environnementales, ainsi que les entreprises dont l’activité peut avoir un impact sur l’espèce.

Le tout est piloté par les DREAL, nos directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, qui s’appuient le plus souvent sur une structure animatrice, comme une association ou un conservatoire botanique.

Typiquement, les actions d’un PNA s’organisent autour de trois axes : mieux connaitre l’espèce, la protéger etsensibiliser le public. Naturellement, leur nature exacte dépend des espèces considérées, et vous en découvrirez à travers cette revue de nombreux exemples instructifs et inspirants.

Si la politique des PNA s’étend sur l’ensemble du territoire français, y compris en outre-mer, sa mise en œuvre en Corse présente un intérêt particulier : ce sont les espèces endémiques les plus rares, celles pour la conservation desquelles la France a la plus grande responsabilité, qui justifient le plus la mise en place de PNA ; or, celles-ci abondent en Corse, compte tenu de l’exceptionnelle richesse du patrimoine naturel de l’ile, située au cœur de la Méditerranée, l’un des “points chauds” mondiaux de la biodiversité.

Bonne lecture !

Célia de Lavergne

Directrice de l’eau et de la biodiversité, Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature

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Cet édito a été publié dans le Hors Série Conservation Numéro 1 d’Espèces :

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